Ecologie et Spiritualité
 

Après quatre longs siècles de séparation, nous trouvons ces deux mots de plus en plus souvent associés. Au moment où la science commençait à se poser des questions concernant le fonctionnement de la vie et trouvait des réponses qui semblaient être en opposition avec les certitudes spirituelles de l'époque, l'église, qui jusqu'à ce moment-là contrôlait tous les aspects de la vie, avait besoin de séparer la science de la religion pour pouvoir continuer à diriger le développement spirituel de l'homme.

Depuis déjà quelques années, la science, par sa recherche profonde en mathématique et en physique moderne avec sa théorie quantique, touche à nouveau le domaine spirituel. Un certain nombre d'idées des grands maîtres spirituels sortent aujourd'hui aussi des laboratoires et sont confirmées par la science.

Ces théories restent pour l'instant hélas trop loin de la compréhension des non physiciens, pour pouvoir avoir une influence sur notre vie au quotidien.

Aussi, la combinaison ‘Ecologie (science) et Spiritualité (église)' n'est pas encore acceptée par tout le monde, elle fait toujours un peu peur et le mot secte pointe souvent son nez quand on essaie de faire le lien.

Néanmoins, en réalité ces deux aspects de la vie sont très proches, abordables et applicables à notre vie.

L'écologie et la spiritualité sont reliées par La Nature . Pas ‘nature' dans le sens de la vie sauvage de laquelle l'homme a pu se séparer pour vivre ‘dignement', comme le mot nature est utilisé encore par la plupart des gens. Pas non plus l'espace à protéger des influences néfastes de l'homme. On parle ici du sens du mot nature qui va au-delà des espaces naturels : le sens biologique fondamental !

La nature, c'est quoi alors ?

La nature est la force qui dirige la vie dans ce qu'on appelle « l'écosystème ».

Un écosystème où tout a sa place, où tout est utile, qui se développe vers un équilibre et une stabilité dans le changement, qui pousse vers une utilisation optimale de la biomasse disponible, qui recycle tout et qui rend les déchets disponibles pour recréer de la nourriture le plus rapidement possible...

Les organismes dans la nature utilisent les ressources selon leurs besoins mais pas au-delà.

La nature crée des niches (espaces de vie), les plus spécifiques possibles, avec une diversité maximale entre les espèces, pour arriver à un état de paix et d'harmonie avec une compétition minimale...

La nature peut sembler cruelle et égoïste, mais il s'agit de notre interprétation de nos observations. Si nous étudions bien le rapport entre les individus dans la nature, nous pouvons, avec la même facilité, choisir d'interpréter les observations différemment et découvrir la coopération, la paix et l'amour.

L'homme et la nature

Au fil des siècles, l'homme s'est éloigné de la nature, stimulé par le nouveau sens donné à « l'homme et la nature » par les autorités religieuses et scientifiques de l'époque. Les découvertes de Charles Darwin et les leçons qu'il a tirées de ses explorations naturelles ont été utilisées pour justifier la différence entre l'homme et (le reste de) la nature. L 'homme a commencé à croire à sa supériorité et à l'idée que la nature n'est là que pour le seul libre usage de l'homme, et pour son développement sur toute la terre.

Mais finalement, l'homme utilise les mêmes ressources pour vivre (l'eau, l'air, les minéraux...), son corps fonctionne de la même façon que chez les animaux voisins (coeur, poumons, intestins, muscles...), la reproduction de l'espèce ne se différencie pas (conception, développement de l'embryon...), nous vivons en symbiose avec d'autres espèces (bactéries dans les intestins...), nos réactions primaires ne montrent que de faibles différences, etc.

Même si nous sommes capables de vivre en ville, de manger artificiellement, d'avoir une grande influence sur notre corps et notre santé (de prolonger notre temps de vie), d'inventer et de produire une multitude d'objets qui rendent notre vie plus facile, d'éliminer la nature, la vie, de notre quotidien (pesticides, stérilisateurs, micro-ondes...), cela ne veut pas dire que nous ne faisons plus partie de la nature. Toutes nos ressources viennent de la nature et notre vie en dépend à 100 %.

Biologiquement, nous ne pouvons pas faire autrement que de conclure que l'homme fait intégralement partie de la nature.

Si nous observons bien les cycles naturels et les chaînes de nourriture, nous pouvons constater que les roches de la montagne qui s'érodent en cailloux et ensuite en poussière de minéraux, alimentent le sol qui sert de nourriture pour les plantes. Les plantes se développent et se construisent avec ces minéraux. Avec la lumière du soleil ils ont pu transformer les minéraux, dans le processus de la photosynthèse, en masse végétale qui forme de la nourriture pour les herbivores qui, à leur tour, sont consommés par les carnivores. Par l'excrétion, la respiration et la mort, ces minéraux retournent à la terre.

L'homme aussi, mange des plantes et des animaux qui sont constitués de minéraux érodés des roches de la terre. Nous retrouvons les mêmes substances de la terre à l'intérieur de notre corps, ils constituent notre corps.

Nous sommes faits de la terre et cela dans un flux continu qui fait circuler les minéraux. Il s'agit d'un changement de forme en continue d'un ensemble ‘terre'.

D'où vient notre corps ? Où était notre corps avant notre conception ? Il existait dans une autre forme ; il était animal, végétal et minéral avant de former de la nourriture, le matériel de construction pour ce corps. Notre corps n'est donc rien d'autre que de la matière naturelle (des minéraux à l'origine) et de la lumière. Une conscience a pu donner forme à cette matière de base.

Nous sommes nés de notre mère terre et de notre père soleil.

Nous sommes tous UN(E) et de la même substance qui se manifeste différemment, en intérieur d'un processus continu. Ceci s'explique tout à fait scientifiquement, et on trouve ce principe aussi dans les interprétations religieuses : Nous sommes faits de la terre et nous retournons à la terre, nous faisons partie de l'UNité terre.

Alors, si nous faisons partie de la nature, est-ce que l'homme est un animal spécial ?

Oui, très spécial même, car nous avons un mental très développé par rapport aux autres organismes. Mais nous sommes quand même un animal dans le sens biologique et écologique.

Et aussi, il a d'autres animaux très spéciaux : des oiseaux qui peuvent rester des heures en vol libre, ou s'immobiliser devant une fleur sans la toucher, des baleines qui savent communiquer à 800 kilomètres de distance, des vers de terre qui sont d'une efficacité exemplaire pour transformer des déchets en terre fertile, sans parler des dauphins, des chevaux, des fourmis...

En fait, tous les animaux sont spéciaux, toutes les espèces (l'homme inclus), même tous les individus ont leur place unique dans l'écosystème de la terre.

Quelle est donc notre place spécifique,
notre place dans l'évolution de la vie ?

La différence avec les autres espèces est le développement de notre mental. Notre rôle est d'apprendre à maîtriser ce mental, qui n'est rien d'autre qu'un outil fantastique à notre disposition comme l'est par exemple la main.

Les gens, pour la plupart, n'ont pas encore appris à devenir le maître de leur mental. Au contraire, c'est le mental qui nous manipule pour se manifester. C'est l'ego qui siège dans le mental et qui nous conduit.

Où est la séparation de notre corps avec le corps des autres organismes ? C'est notre ego qui décide, qui met la limite à ce qui est Moi. Etonnant que nous arrivions mieux à comprendre et à accepter que notre âme fait partie d'un ensemble qu'on pourrait appeler ‘Dieu', mais que nous considérions nos corps comme des unités séparées d'autres corps.

Avec son égoïsme, son avidité, l'idée de la séparation, et l'envie de tout maîtriser, l'homme, dirigé par son mental, détruit son espace de vie, et il vit éloigné de l'amour. Cette dégradation de notre environnement, avec la disparition de nombreuses espèces, nous amène peu à peu à prendre conscience de ce qui se passe et de notre influence destructrice sur la terre.

La place de l'homme dans la vie, (le but de notre vie) est de choisir avec notre libre arbitre, de vivre notre place dans la « Nature » et de choisir de manifester l'amour en conscience, au lieu de le faire par instinct, comme le plupart des organismes. Si nous arrivons à dépasser cette ‘prise d'otage' par notre mental, nous aurons accès à une prochaine étape de notre développement ; l'utilisation des capacités étonnantes de notre cerveau au service de l'ensemble de la vie et le rapprochement de l'incarnation de l'amour, du divin, sur terre.

La protection de l'environnement est un acte spirituel et conscient

Notre vie est, comme la vie d'autres organismes, soumise aux lois de la nature parce que nous en faisons partie. Nous devrons reprendre notre place dans les cycles naturels et ‘obéir aux lois' de la nature et cela en toute conscience :

Dans notre vie quotidienne cela veut dire en toute simplicité par exemple : refermer les cycles par le recyclage et le compostage; choisir une nourriture biologique et équilibrée; polluer le moins possible et en n'allant pas au-delà de ce que la nature peut neutraliser; arrêter le gaspillage; utiliser de l'énergie renouvelable; aller plus souvent en vélo ou à pied…

La liste est longue, on la connaît par les efforts de la sensibilisation des structures de protection de l'environnement, et ces points découlent directement d'un choix de vivre en harmonie avec la nature, avec nous-mêmes car nous sommes la nature .

Protéger la nature et limiter des dégâts de la pollution, imposer le recyclage ou limiter la vitesse sur l'autoroute, obliger une vie en harmonie avec la nature sont des bonnes actions à mettre en place mais elles ne sont pas durables. Sans correction de notre mode de vie « moderne » les mesures de protection ne servent pas à grande chose.

Ces mesures ne sont que des traitements des symptômes d'une conception de société de consommation. Si les freins à la pollution tombent pour une raison ou pour une autre, les anciennes habitudes reprendront leur place immédiatement. Le but de notre présence étant le libre choix pour cela, il est impératif que les individus prennent conscience de la situation et que chacun choisisse pour des changements qui deviennent, à ce moment-là, durables.

Nous pouvons même penser que cette situation écologique critique dans laquelle la terre se trouve, a son utilité. Les problèmes écologiques sont mauvais pour la terre mais ils jouent leurs rôles d'indicateurs de la situation et ils nous incitent au changement. Cette situation désastreuse est une étape, une voie erronée qui mène à la conscience, qui stimule le choix pour un meilleur chemin à prendre.

Grâce à la pollution et aux messages alarmistes, beaucoup de gens ont pris conscience de leurs modes de vie néfastes et ils ont commencé à adapter leur vie à une nouvelle façon de voir la réalité.

Dans l'évolution de la terre, il y a eu toujours des étapes erronées et à chaque fois la nature arrive à prendre une meilleure route. Cela est une force naturelle, qui prend du temps, mais cette force a toujours été capable de corriger des « erreurs », erreurs qui ne le sont donc pas vraiment car elles font partie de la vie et grâce aux erreurs la nature arrive à changer, à se développer.

Aujourd'hui, notre mental est assez développé pour que l'homme puisse choisir un changement de voie rapide, au lieu que la nature prenne le temps d'y arriver. Nous le savons bien, les scientifiques ont été clairs sur ce point : si l'homme n'arrive pas à changer de cap, il y aura des changements importants dans la constitution de la vie sur terre auxquels la plupart des espèces (l'homme inclus) ne survivront probablement pas.

Nous avons le choix et la possibilité d'éviter cela et vu le nombre de personnes qui arrivent à un état d'augmentation de conscience l'homme y arrivera probablement.

Il ne s'agit nullement de retourner vers une vie dans des grottes ou des cabanes, comme nos ancêtres. Le développement de la technique est une bonne chose tant que cela sert à améliorer notre vie, nos communications, notre façon de nous nourrir, etc., mais à l'intérieur de l'équilibre et de l'harmonie naturelle et non pas pour augmenter notre capital financier qui sert à satisfaire nos besoins affectifs.

La nature peut satisfaire tous les besoins que demande une vie en harmonie avec elle, mais elle perd son état d'équilibre si nous cherchons à combler les envies matérialistes.


Ecologie et développement personnel

Certains changements, qui suivent directement le choix de vivre notre place dans la Nature, demandent un effort personnel. Ils ont un effet direct sur notre développement individuel.

Il s'agit par exemple du partage des ressources avec les autres; de choisir de développer notre spécificité individuelle; de croire à l'abondance et de ressources pour tous sans passer par la surexploitation; de savoir donner ce dont nous n'avons pas besoin (trier nos affaires à la maison...); de laisser aux autres leur place; de diminuer la concurrence entre les hommes et de choisir la coopération; de vivre le changement plutôt que l'immobilité; de privilégier un but supérieur à l'individu ou à l'espèce plutôt qu'un but égoïste...

En fait, un grand nombre des mesures à mettre en place sont bénéfiques pour notre environnement et aussi pour notre développement personnel. Par exemple, si nous conduisons notre voiture moins vite, nous produisons moins de pollution, nous économisons les ressources de la terre et nous vivons plus paisiblement et plus sainement le trajet avec un effet positif sur notre activité, dès que nous arrivons à destination.

Recycler les déchets verts de la cuisine aide notre environnement parce que nous évitons de faire brûler ces déchets dans l'incinérateur, et nous aidons la terre à garder ses ressources vitales. En même temps, en fermant le cycle de la nourriture, nous libérons de l'énergie subtile qui est bénéfique pour nous-mêmes. Avec un peu de sensibilité, nous pouvons tout à fait sentir ce bienfait.

Nous incarner dans notre corps sur terre veut dire surtout : apprendre à vivre en harmonie avec la nature. Tant que nous n'y arriverons pas, nous ne pourrons pas nous incarner complètement.